4/19–23/2006



La Générale
10, rue du Général Lassale
75019 Paris

«atelier target: autonopop»

Participants:
Belinda Aucott
Michel Chevalier
Éléonore Espargilière
Jérôme Guigue
Eric Létourneau
Laurence Nicola
Julien Pelloux
La Chèvre Phénomène
Stéphanie Vellaione
Julia Varga
Thu Van Tran


Protocol:

Wed. April 19, 7-10 PM: presentation

Thu. April 29, 1-7 PM: question and answer session, summary of project history, discussion. Visit and criticism of shows at Cosmic Galerie and Le Plateau (Public art space)

Fri. April 21, 2-11 PM :  visit to and critique of exhibition at Espace Paul Ricard, the boutique Colette and rue St-Honoré, gal. Marian Goodman, galerie JGM , gal.
Ghislaine Hussenot, Centre Pompidou bookshop, and the Palais de Tokyo ("Notre Histoire"/ "Our History"). Interviews and videos/actions/interventions in all spaces except for Colette (due to intimidating security personnel) and the Centre Pompidou.

Sat. 22, 1-10 PM : Éric and Laurence edit the video of the previous day's events.
Inauguration-opening in the Générale space with a few new elements: Jérôme's Space Pégant and the freshly edited video.

Sun. 23, 3-5 PM: attempt to intervene at the Palais de Tokyo, aborted due to security personnel alert.

Text accompanying the intervention by La Chèvre Phénomène
LA CHÈVRE PHÉNOMÈNE
POLDER
(assèchements de tissus) - altération #7
2006
Une telle altération trouvée dans cette installation, où le processus patient de création de bijoux féminins rappelle les actes nocturnes d’une Pénélope attendant Ulysse dans l’Odyssée, ne laissera pas le spectateur indifférent. Un slip masculin, utilisé par l’artiste altérateur sur une période couvrant toute la durée de création de l’oeuvre, placé ici sous l’affiche (préalablement placé par la direction du Palais de Tokyo ) «Merci de rester derrière la ligne blanche pour respecter cette oeuvre fragile», attire l’attention par sa présence insolite et mystérieuse. Le slip est utilisé ici pour ses propriétés à la fois plastiques et symboliques : placé en contrepoint spatial avec l’installation originale de Tatiana Trouvé, il évoque les organes sexuels mâles et vient répondre à la composante féminine telle qu’exprimée dans l’oeuvre originale. Ainsi évoqués, le phallus et les testicules sont ainsi restaurés à la fois au rang «d’oeuvres» et d’objet «fragiles», soulevant inévitablement la question des stéréotypes sexuels omniprésents au moment de cette exposition. L’état hygiénique du slip fait aussi référence à une certaine réflexion duchampienne sur le rapport entre l’art et la déjection, préoccupation
dont les variations se retrouvent chez de grands maîtres du XXe siècle. On se retrouve ici en présence d’une oeuvre de communauté, où l’on évoque le partage ultime du souterrain, comme dans les expériences artistiques comportementales d’Otto Muehl, les objets en apparence commerciale de Manzoni ou la notion de transubstiation et d’échange des apparences, toujours omniprésentes, en esthétique relationnelle. Ces notions de sédimentation et de regénération sont ici soulignées par le titre original «Polder», où les terres asséchées produisent souvent une odeur de compostage durant toute la durée du processus de création d’un monde nouveau. D’un art personnel créé par Tatiana Trouvé, nous voici maintenant en présence d’un art communautaire décrivant une expérience propre à toute l’histoire de l’humanité.


 
Interview with museumgoer, Palais de Tokyo, 4/23/06